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Il fallait à tout prix que ça marche. Le Jobard fit un rapide tour d'inspection du champ d'ordures et vint s'arrêter près du tas de bouteilles vides que. Just click download in book Le jobard PDF Online. Télécharger phab.us · Lire en ligne. Read Online E-Books Le jobard: A Novel, Read Online Free Le. Le Jobard est un vieil original. Il vit dans une cabane sur un terrain vague proche de la cité HLM. Tout le monde le dit fou, et on l'évite comme la.

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Et l'clairage la bougie rendait notre cave encore plus super. Je dus me bagarrer pour leur expliquer qu'on ne pouvait pas finir une guerre comme a : - Il faut gagner ou faire la paix! Que penserait de nous M. Les gens disaient qu'on lui en avait propos beaucoup d'argent pour construire des immeubles, mais qu'il avait refus. Il manque personne? Je n'avais jamais eu l'occasion de le voir d'aussi prs. Je le regardai dans les yeux

Télécharger Le jobard Ebooks gratuits à télécharger [ePub/Kindle/PDF] Lien pdf Livre Le jobard pdf/epub/kindle - Téléchargement le Livres. Le jobard Télécharger Le jobard vos Ebook Gratuit français Gratuitement en format Epub, PDF, Kindle et utiliser votre lisseuse préférée pour. TAILLE DU FICHIER: 5,40 MB; ISBN: ; NOM DE FICHIER: Le phab.us; AUTEUR: Michel Piquemal. TÉLÉCHARGER. Un Jobard est un terme​.

Olivier Balez est né à Besançon 25 en Il a fait des études de graphisme à l'école Estienne à Paris. Ses centres de prédilection sont le polar, le jazz et la poésie.

Olivier aime s'investir dans la défense de textes forts et engagés tout en démontrant une constante exigence graphique. Lire la suite. Supposez que vous adressiez un compliment à quelqu'un. Vous vous attendez de sa part à une réaction positive, un remerciement, un mot de reconnaissance, une phrase de politesse.

Or, le plus souvent, votre interlocuteur répondra soit en rejetant les éloges que vous lui décernez, soit en les rabaissant. Pourquoi cet embarras, cette fuite, cette esquive? La solution du dilemme est alors le compromis, la dérobade, parfois le silence.

De cette nouvelle orientation, Goffman donne lui-même un bon exemple dans un texte de , inédit en français publié en annexe dans le même volume.

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Il s'agit donc essentiellement d'un ouvrage spécialisé, mais le lecteur curieux ou l'étudiant y trouveront aussi leur compte. Deux interventions originales retiennent en effet l'attention. Aprs, on verra suivant ce qu'il fera. S'il refuse, on choisira la solution de Jean-Luc. Mais en attendant, nous devons rassembler le plus de bouteilles vides possible.

Ce sera notre trsor de guerre que nous entreposerons dans la cave. La tour de verre en avait impressionn plus d'un. Le jour o on l'avait bombarde, elle brillait au soleil comme un gigantesque diamant. On ne pouvait plus regarder une bouteille sans penser ce que le Jobard en faisait.

Tout le monde fut enthousiaste : - Mon pre en a plein sa cave, dit Jean-Luc dont le pre buvait sec. Je les lui piquerai. La runion qui avait mal commenc se termina dans l'excitation la plus totale. Le soir mme, Pierre alla discrtement poser deux bouteilles devant le portillon. Le lendemain, ce serait le tour de Michel.

Et si le Jobard n'avait pas sorti d'ici l son fameux fusil, Mouloud et Moustique se disaient prts prendre la suite. Notre nouveau plan prit effet ds lendemain. Moustique, le roi des baratineurs, fit la tourne des piciers afin qu'ils nous mettent de ct les bouteilles non consignes. Pendant ce temps, Pier et ses surs passaient dans les maisons pour faire la collecte.

C'tait la premire fois que nous acceptions des filles dans une de nos oprations. Mais Michel avait pens que, pour aller voir les gens, la prsence de filles faisait beaucoup plus srieux. Officiellement, nous rcuprions les bouteilles vides pour les vendre au profit de la cooprative scolaire. Avec les adultes, ds qu'on parle de l'cole, a passe tout de suite mieux. Jean-Luc avait tenu ses promesses et avait ramen tous les cadavres de bouteilles qui tranaient dans la cave de son pre.

Mouloud s'tait entendu avec son oncle qui tenait le restaurant El Oued dans le centre-ville.

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Les bouteilles affluaient de partout et je chargeai deux filles, Sylvie et Katia, du rangement et de la comptabilit. Katia tait la matheuse de la classe. On pouvait lui faire confiance. Elle comptait plus vite qu'une calculette. Jean-Luc rouspta car cela voulait dire que les filles allaient rentrer dans notre cave ; mais je le laissai dire.

Il n'tait jamais content ; il rlait tout le temps mais c'tait le plus chouette des copains. Au bout de trois jours, Katia avait enregistr cinquante bouteilles sur son carnet ; la fin de la semaine cent cinquante, et le mercredi d'aprs deux cent soixante-treize. C'tait fantastique de voir toutes ces bouteilles s'empiler contre les cloisons de la cave au point de faire un vritable mur de verre.

Chaque bouteille tait un vrai trsor. Pour se les procurer, on tait prts toutes les preuves, mme se battre s'il le fallait. Les copains qui m'avaient lch au dbut refirent petit petit leur apparition ; chacun en apportant son casier de bouteilles pour ne pas tre en reste. Rapidement, toute la bande se reconstitua. Seul, Jacques ne revint plus jamais car il ne m'avait pas pardonn de l'avoir contredit devant la police.

C'tait le seul point noir. Car part a, la constitution d'un trsor de guerre soulevait l'enthousiasme de la bande. Chacun se creusait la tte et les ides fusaient de toutes parts. Les bouteilles nous arrivaient sans qu'on ait lever le petit doigt. Dans le lot, il y en avait mme qui taient consignes et cela augmenta notre cassette. Pour mettre notre trsor l'abri, on fabriqua alors le coffre-fort de la bande : une bote de mtal encastre dans le mur avec du ciment prompt comme les vrais coffres-forts dans les films d'espionnage.

Nous nous sentions si riches que nous avions gnreusement augment nos offres de paix au Jobard. Ce n'tait plus deux bouteilles mais un carton de dix que nous lui portions tous les soirs vers sept heures. Si le vieil homme ne se montrait pas, il ne refusait pas pour autant nos cadeaux.

Nous retrouvions chaque fois le carton vide de la veille pos prs du portillon. La collecte prenait des proportions gigantesques. Selon l'experte-comptable, elle rapportait en moyenne cinquante bouteilles par jour.

Au bout de deux semaines, je dcidai qu'il tait temps de passer la deuxime partie de notre plan. J'en parlai Michel et on se mit d'accord pour fixer le jour J au mercredi 1er mai. On avertit la bande de se tenir prte mais, par amour du suspense, on garda notre projet top secret jusqu' la date fatidique. Il ne portait plus de bandages et c'est peine s'il clopinait lorsqu'il tait fatigu. Tous les soirs, je l'emmenais faire un tour dans la cit pour qu'il se rhabitue bien marcher et courir.

C'tait pour moi un bon prtexte. J'en profitais pour faire l'inspection des poubelles la recherche de quelques canettes. J'aimais bien marcher dans les rues, alors que la nuit commenait tomber. Je m'imaginais que je m'tais enfui, que j'avais quitt ma maison pour toujours et que je venais d'arriver dans une ville inconnue, o personne ne me connaissait et o je ne connaissais personne. J'avais dbarqu du bateau et je me baladais seul dans les rues de New York. Je me tenais sur mes gardes car je pouvais tout moment tre attaqu par une bande de black-malabars super baraqus.

Mais Rex tait l. Il me dfendrait, et la fin de la bagarre, les black deviendraient mes amis. Ils me serviraient de gardes du corps et je serais le chef de gang le plus redout de Brooklyn.

J'aurais une belle femme qui serait danseuse dans une bote de nuit et qui m'appellerait baby. Puis un jour, je reviendrais dans la cit en grosse bagnole amricaine. J'irais l'appartement mais ma mre n'y serait plus. Elle serait morte quelques mois auparavant. J'en aurais un immense chagrin mais je ne verserais pas une larme.

Je couvrirais sa tombe de fleurs puis j'irais revoir tous les gens que j'avais connus : la boulangre myope, Nacer l'picier arabe, monsieur Legrand l'instituteur et nos voisins M. Tout le monde serait super tonn. Ils ne voudraient pas savoir d'o me venait tout ce fric mais ils me fliciteraient. Car l'important, c'est de russir. Ma balade me menait toujours jusqu'au terrain vague. L, il n'y avait plus une seule lumire. Quelqu'un avait dquill les ampoules des lampadaires publics.

Sans doute le Jobard, qui n'avait pas de volets aux fentres, et que tout cet clairage devait gner pour dormir. C'tait la vraie nuit. Celle qu'on ne voit jamais lorsqu'on habite en ville. Celle qui fait peur et rassure la fois. Avec Rex, on arrtait de faire du bruit ; et, en retenant notre souffle, on se baladait dans le terrain vague. S'il y avait un peu de lune, sa lueur se refltait dans la tour de verre comme dans un puits.

Les minutes devenaient magiques. Silencieusement, je m'approchais de la maison du vieux. C'est dingue comme ce bonhomme pouvait m'intriguer. Il tait le plus souvent sa table de travail en train de griffonner des plans avec un crayon et une rgle. Parfois aussi, il lisait de vieux bouquins tout jaunis.

Ce type-l n'tait pas fou. C'tait sans doute un sorcier mais il n'tait pas fou. J'aurais donn beaucoup pour savoir ce qu'il maniganait avec toutes ces paperasses ; mais les carreaux taient si sales qu'on voyait tout flou. Alors, je restais une dizaine de minutes l'observer, assis devant la fentre claire comme devant un cran de tl. Puis, quand je parvenais enfin dtacher mes yeux de cette silhouette, je rentrais chez moi en courant.

Chaque soir, je me disais que ce n'tait pas la peine d'y revenir puisque c'tait toujours la mme chose et que je n'apprenais rien de nouveau. Mais chaque soir, j'y revenais En quelques jours, les ntres avaient trouv plein de combines pour rendre notre cave plus agrable. Pour commencer, il n'tait plus question de faire pipi dans le couloir.

Mme si on en avait trs envie, on devait monter pisser dans les sapinettes. Ensuite, elles avaient fait des tas de dcorations et s'taient proccupes du confort. Dsormais, chaque sige avait son petit coussin. Seul Jean-Luc refusa un temps de poser les fesses sur un truc de minettes ; jusqu'au jour o un ressort du fauteuil lui dchira le pantalon Les quatre filles - Katia, Sylvie, Lou et Ccile - n'taient pourtant pas encore des membres de la bande part entire.

Le jour J, il fut convenu qu'elles nous accompagneraient jusqu'au terrain vague - a, on ne pouvait pas le leur refuser! Je vis bien l'air pinc de Lou que cela les vexait terriblement mais je restai inflexible.

Comme disait Jean-Luc, c'tait trop dangereux pour elles. Et puis, dans tous les films de guerre que j'avais vus autrefois avec mon pre, il n'y avait jamais beaucoup de femmes. Elles taient surtout l pour amuser la galerie! Sous leurs regards muets de reproches, on s'est tous chargs d'un carton de dix bouteilles ; et en route pour la baraque.

Nous tions dix. Dix fois dix font cent bouteilles. C'tait le cadeau pour notre offre de paix. Cependant, comme nous n'tions srs de rien, nous avions aussi emport dans nos poches frondes, pierres et boulons. On n'est jamais trop prudent. Dans la rue, les adultes qui venaient acheter leur traditionnel muguet nous regardaient avec un brin de surprise.

Il faut dire qu'on formait un drle de cortge. Dix garons en file indienne, portant des cageots sur la tte, suivis de quatre filles, les mains dans les poches Ce n'tait tout de mme pas un spectacle ordinaire! Le vieux tait sur une chelle, occup la construction. Il ne remarqua pas notre entre. Lorsqu'il perut le bruit des cageots que nous posions terre, il se retourna en sursaut.

Sans bouger de son chelle, il nous regarda un instant - quelques secondes sans doute, mais qui nous parurent des sicles. Nous avions tous la gorge noue. C'tait la premire fois que la plupart des copains le voyaient d'aussi prs. Soudain, le Jobard se frotta les mains, descendit de son perchoir et vint vers nous en souriant : - Alors, c'est plus la guerre? Je le regardai dans les yeux On vous apporte des bouteilles pour remplacer celles qu'on a casses.

En signe de bonne foi, je vidai mes poches des boulons et des cailloux qu'elles contenaient, imit aussitt par tous les copains. Et sans attendre notre rponse, il prit le chemin de la baraque. Nous tions tous intimids, comme un jour de rentre scolaire o l'on se trouve face un nouveau matre. Nous l'avons suivi sans dire un mot, en tranant un peu les pieds. Il nous ft entrer dans sa bicoque, dboucha une vieille bouteille et nous servit un doigt de vin chacun.

Mais buvez-le doucement, vous devez pas avoir l'habitude. On s'est tous regards en rigolant. Un quart de verre de vin ne nous faisait pas peur.

Tout en sirotant mon vin doux, je jetai un coup d'il la cuisine du vieil homme. Sr que le mnage n'avait pas t fait depuis un bon bout de temps!

[Michel Piquemal] Le jobard

Il y avait des trucs qui tranaient un peu partout : de la vaisselle brche, des drles d'outils, des journaux dchirs, un moteur de mobylette, de vieux stylos Mais ce qui m'tonna le plus, c'est qu'il n'y avait ni tlvision ni radio. C'tait la premire fois que je voyais une maison sans tl.

Moustique, qui ne supportait pas le silence, engagea la conversation : - Dites, monsieur, c'est quoi votre nom? Mon vrai nom, c'est Julien Trencavel Pour vous, ce sera Julien. Nous nous dpchions de finir notre verre lorsque quelqu'un frappa la porte. Julien, qui n'tait pas habitu de la visite, alla ouvrir d'un air soucieux. En guise de bonjour, Lou lui tendit un brin de muguet, envelopp dans du papier cellophane.

Le vieil homme jeta un coup d'il un calendrier crasseux punais contre une porte Les filles lui firent un gentil sourire. Tout timide, tenant son bret dans ses mains, le Jobard s'approcha pour leur faire une bise. Puis il sortit dans la cour en reniflant comiquement le muguet. Tout le monde l'a suivi en riant de bon cur. Dcidment, ces filles taient des phnomnes! Elles n'en faisaient qu' leur tte et avaient le chic pour nous faire tout gober.

On est revenus jusqu' la construction de verre et M. Julien nous a fait faire le tour du propritaire. Il paraissait trs fier d'avoir de la visite.

Il y avait l des milliers de bouteilles, colles entre elles de manire former une grande tour de verre de quatre mtres de diamtre. Les murs en taient trs pais : d'au moins cinquante centimtres. C'tait dj un ouvrage gigantesque, mais d'aprs ce que nous en dit M. Julien, il en tait seulement au tiers de la construction. Il allait donc falloir encore des milliers de bouteilles. Je songeai au trsor de verre que nous avions accumul dans notre cave. Il paraissait bien drisoire ct de ce que ncessitait la tour.

Je vous garantis tout de mme que a servira quelque chose. La question que posa ensuite Lou brlait les lvres de tous les garons, mais aucun de nous n'avait os la poser : - On peut vous donner un coup de main?

Vous pouvez mme commencer tout de suite si vous voulez! J'ai regard les copains. Ils ont tous hoch la tte.

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Il en faudrait qui lavent les bouteilles dans le grand bac et d'autres qui les schent. Avec vous trois, on les assemblera pour continuer la tour ; elle doit encore monter de cinq mtres. Moustique mit un sifflement admiratif : - Wwhuiii! Il va en falloir des litrons.

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En quelques minutes, les quipes taient organises. Moustique et Michel occupaient dj le sommet des chelles ; Jean-Luc leur lanait les canettes comme un jongleur de cirque tandis que les filles remuaient en riant la pte paisse du chaudron. C'est un mlange que j'ai invent moi-mme Il y a de l'eau, des os bouillis rduits en poudre et de la rsine. Mais, croyez- moi, pour coller, a colle! C'est ainsi qu'on passa notre premier mercredi aprs-midi chez le Jobard Au fond, la paix, a pouvait tre aussi marrant que la guerre!

Toute la bande tait l pour prter main-forte M. Pour commencer, on s'est fabriqu des chafaudages. La tour tait dj deux fois haute comme nous et les chelles ne suffisaient plus. On a donc fait rouler de gros bidons d'huile qu'on a disposs tout autour. Ensuite on les a recouverts d'une passerelle de planches et le travail proprement dit a pu commencer. Les uns enduisaient les bouteilles, les autres les collaient, fond contre fond, goulot contre goulot.

Mme Rex tait de la partie. Je l'avais dress charrier les bouteilles dans sa gueule. Ce n'tait pas encore tout fait au point, car il les laissait tomber une fois sur deux, mais avec un peu d'entranement, le dressage ne tarderait pas porter ses fruits.

L'ambiance tait du tonnerre. Moustique, pour tre un abonn des colonies de vacances, connaissait des tas de chansons par cur. Mouloud, qui tait un vrai clown, imitait le guitariste en grattant une planche de bois et on riait comme des tordus. Il faisait un temps superbe et c'tait un plaisir de travailler torse nu au soleil, de se mettre de la colle jusqu'aux oreilles et de s'asperger d'eau pour un oui ou pour un non.

Jamais je n'avais vu un tel enthousiasme pour un de nos projets. Mais en fin d'aprs-midi, Katia, qui avait toujours sa maudite machine calculer en tte, vint semer le trouble dans nos esprits : - J'ai fait mes comptes, nous dit-elle. Les murs de la tour ont huit bouteilles d'paisseur et forment un cercle de plus de six mtres. Pour faire monter la tour d'une hauteur d'une bouteille, il faut en employer prs de cinq cents.

Sachant que nous devons encore monter de cinq mtres et qu'une bouteille fait trente centimtres de haut, il va nous falloir : 5 m : 30 cm multipli par soit 8 bouteilles environ. Le chiffre tait impressionnant. Avec toute la bonne volont du monde, jamais on n'arriverait rassembler un tel trsor. Et on pouvait faire confiance Katia. Moustique disait qu'elle tait tombe dans une marmite de calculettes quand elle tait petite.

Tout le monde se regardait, la mine dcourage. Le Jobard n'tait qu'un rveur!

Olivier Jobard – La vie à durée déterminée

Mais on l'a tous suivie en cortge. Julien tait dans la baraque en train d'craser des os de buf coups de masse. Il s'essuya les doigts au pantalon, mit ses lunettes et examina attentivement le bout de papier. Puis il le rendit Katia en clatant de rire : - C'est bigrement exact! Mais viens un peu avec moi. Il prit Katia par la main et l'emmena vers la baraque. L, il ouvrit une pice et nous montra ce qu'il a appel sa rserve. Ce fut le choc! Du sol au plafond, ce n'tait qu'un empilement gigantesque de bouteilles poussireuses.

Julien nous fit un clin d'il : - Cela fait dix ans que j'y pense ma tour. Depuis dix ans, j'en ai rcupr des milliers! Pourtant, la pitchounette a raison : je sais qu'il va malgr tout nous en manquer. Mais je vous fais confiance ; vous me trouverez bien quelques centaines de bouteilles Julien en riant. Et nous nous sommes spars avec de nouveaux projets en tte. Dsormais, en plus de la construction du mercredi, on ferait des oprations-bouteilles le samedi aprs-midi.

On prendrait nos vlos pour aller en expdition dans les cits voisines ; car dans la ntre, on commenait avoir tout cum. Lorsque nous en avions repr un, nous oprions en attaques-clair , la manire des commandos. Moustique grimpait sur les paules de Jean-Luc. Il sortait les bouteilles du container tandis qu'on les entassait dans les cageots de nos porte-bagages. Les passants avaient juste le temps de s'apercevoir de notre mange que dj nous filions grands coups de pdales vers une autre cit.

Au bout de quelque temps, nous avions localis une bonne douzaine de containers qui devinrent nos centres d'approvisionnement permanents.

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C'est dingue le nombre de canettes qu'on pouvait rapporter. Selon la calculette de service, il ne nous faudrait pas plus d'une dizaine de samedis pour rgler dfinitivement la question des bouteilles. La tour de verre n'tait pas un rve impossible. Si nous le voulions vraiment, rien ne pourrait nous empcher de la faire grimper en haut du ciel.

Et pourtant Nous avions oubli un petit dtail : les parents! Alors qu'ils nous reprochaient sans cesse de rester enferms devant la tl, ils trouvrent malgr tout redire nos travaux en plein air. Comme disait Michel : C'est vraiment dsesprer! Ils ne sont jamais contents! Ils ne le connaissaient pas, ne lui avaient jamais adress la parole et avaient dcid que c'tait un assassin.

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Simplement parce qu'il vivait comme un sauvage dans une cahute de clochard. Un jour que je sonnais chez Jean-Luc, je l'entendis se disputer avec ses parents : - Je t'interdis d'aller chez le Jobard, disait sa mre.